Enfants soldats

Red Hand Day, 12 février 2006

 

Grandir dans la guerre: les enfants soldats an Afrique. Photo : terre des hommes

Nombreux sont les conflits armés dans le monde entier ou les enfants sont envoyés au combat, dont actuellement en  Afghanistan, Chad, Centralafrican Republic, Colombia, the Democratic Republic of the Congo (DRC), India, Iraq, Israel / Palestine, Myanmar (Burma), Pakistan, Philippines, Somalia, South Sudan, Sudan, Syria, Thailand et Yemen.

 

Le Protocole facultatif de l’ONU qui bannit le recrutement forcé et l'utilisation d'enfants et de jeunes de moins de 18 ans dans des conflits armé, est entré en vigueur le 12 février 2002. Le Protocole a depuis été ratifié par plus de 150 gouvernements.

Néanmoins, des groupes armés ainsi que des armées gouvernementales régulières dans de nombreux pays continuent à recruter et utiliser des enfants soldats. Beaucoup d’entre eux sont recrutés contre leur volonté et ne peuvent plus quitter leur unité militaire. Tandis que la plupart d’entre eux sont âgés entre 15 et 18 ans, on a recruté dans quelques guerres même des enfants de 9 ans. Il y en a d’autres qui grandissent dans des zones d’actions militaires et qui ont, par conséquent, peu de chances de survivre s’ils ne joignent «volontairement» un groupe armé...

12 février: Red Hand Day à Genève

Les souffrances des enfants dans la guerre

La vie des jeunes soldats est marquée par le danger. Travail dur, pénurie ou absence de nourriture et d’eau potable sont à l’ordre du jour. Il n’y a pas de services de santé, il y a la crainte permanente d’embuscades, de mines terrestres antipersonnel et de fusillades. La discipline et l’obéissance sont établies souvent brutalement. Beaucoup d’enfants meurent dans des conditions inhumaines, d’autres survivent, handicapés, aveugles ou traumatisés pour le reste de leur vie. Ce ne sont pas seulement les garçons qui sont exposés à ces risques. On estime à un tiers la part des jeunes filles. Elles ont les mêmes tâches à accomplir que les garçons, mais de plus, elles sont victimes de violences sexuelles et sont forcées d’être les « épouses » ou les esclaves sexuelles des officiers. Par conséquent, beaucoup d’entre elles attrapent le Sida ou autres maladies vénériennes, nombreuses sont celles qui tombent enceintes. Il n’est pas rare qu’elles soient par la suite stigmatisées et doivent vivre dans des conditions de guerre avec leurs enfants.

Une fois rentrés chez eux, les souffrances des jeunes ne se terminent pas. Certains parmi eux apprennent que leur famille a été tuée ou que leur maison a été détruite. Il est souvent difficile de trouver un travail ou d’aller à l’école. Criminalité et prostitution semblent souvent être le dernier moyen de s'en sortir. Beaucoup d’entre eux doivent venir à bout de leur handicaps physiques. Les communes d’origine ont quelquefois des difficultés à accepter ces anciens enfants de la guerre, mais il se peut aussi qu’eux-mêmes refusent de respecter les règles et les traditions de leurs communautés. Communes, familles et anciens enfants soldats ont besoin d’aide financière et de soutien pour rétablir les structures sociales et pour réintégrer ces enfants dans la vie civile.

Pour abolir la misère et l’abus organisé des enfants, on a adopté des dispositions légales internationales de protection. Le Protocole facultatif relatif à Convention Internationale des Droits de l’Enfant portant sur la participation d’enfants dans des conflits armés a été adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies en mai 2000. Il interdit la participation directe d’enfants de moins de 18 ans dans des conflits armés et fixe l’âge minimum du service militaires et du recrutement par des groupes armés à 18 ans également. Le Protocole est entré en vigueur le 12 février 2004 et a été ratifié depuis par plus de 100 Etats.

International Coalition to Stop the Use of Child Soldiers a proclamé la Red Hand Day en mémoire de ce pas important et afin de prévenir l'implication d'enfants dans des conflits armés.

La mémoire, cependant, ne suffit pas pour résoudre le problème. Le Protocole était un premier pas en avant, certes, mais tant qu’il n’est pas mis en pratique partout dans le monde, il ne s’agit que de promesses en l’air.

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